Une initiative inspirante qui repense l’accueil des travailleurs saisonniers et apporte une réponse concrète aux tensions de recrutement.

Trouver un logement est devenu l’un des principaux freins à l’emploi saisonnier. Face à cette difficulté, certaines collectivités expérimentent de nouvelles solutions pour permettre aux travailleurs saisonniers de se loger facilement et durablement. À La Baule, un dispositif basé sur des Tiny Houses montre qu’il est possible d’apporter une réponse concrète, rapide et adaptée aux besoins des territoires touristiques.
Chaque année, des milliers d’établissements touristiques recherchent des saisonniers pour renforcer leurs équipes : hôtels, restaurants, campings, villages vacances, résidences de tourisme…
Mais derrière la question du recrutement se cache souvent une problématique encore plus importante : où loger ces travailleurs ?
Dans de nombreux territoires touristiques, notamment sur le littoral, en montagne ou dans les zones très attractives, le marché immobilier local est sous tension. Les loyers augmentent, les logements disponibles sont rares et les locations touristiques accentuent parfois la concurrence pour les logements longue durée.
Résultat : certains candidats renoncent à une opportunité professionnelle faute de solution d’hébergement.
Pour les employeurs, cette difficulté devient un véritable frein opérationnel. Un poste peut être attractif sur le papier, mais perdre tout son intérêt si le futur salarié doit parcourir plusieurs dizaines de kilomètres chaque jour ou consacrer une grande partie de son salaire à un logement temporaire.
Aujourd’hui, proposer une solution de logement n’est plus seulement un avantage : c’est devenu un véritable outil d’attractivité et de fidélisation des talents saisonniers.
Face à ce constat, certaines collectivités ont décidé d’agir directement en créant des solutions d’hébergement dédiées.
C’est le cas de la ville de La Baule-Escoublac, qui développe depuis plusieurs années un dispositif destiné aux travailleurs saisonniers.
Après avoir installé 31 bungalows en 2023, la commune a renforcé son offre avec l’arrivée de 20 Tiny Houses supplémentaires sur le site de l’ancien camping du Bois d’Amour.
Objectif : permettre désormais à 100 saisonniers, jeunes actifs ou personnes en mobilité professionnelle de bénéficier d’un logement adapté pendant leur période de travail.
Cette initiative répond à une problématique très concrète : permettre aux professionnels du tourisme de recruter plus facilement en levant l’un des principaux obstacles à la mobilité.

Les Tiny Houses présentent plusieurs avantages qui en font une solution particulièrement adaptée aux besoins saisonniers.
Contrairement à des constructions classiques, ces habitats peuvent être installés rapidement sur des terrains disponibles.
Pour les territoires touristiques confrontés à des besoins saisonniers importants mais temporaires, cette flexibilité est un véritable atout.
Une commune peut ainsi créer une capacité d’accueil supplémentaire sans engager un projet immobilier lourd sur plusieurs années.
À La Baule, les logements proposés sont accessibles autour de 350 € par mois, un tarif cohérent avec les revenus souvent limités des travailleurs saisonniers.
Cette approche permet également aux employeurs de compléter cette solution par des aides ou une participation au logement lorsqu’ils souhaitent faciliter le recrutement de profils spécifiques.
Les Tiny Houses s’inscrivent également dans une logique de sobriété foncière.
Les modèles installés à La Baule ont été conçus avec une approche environnementale : matériaux biosourcés, fabrication locale et limitation de l’impact carbone.
Au-delà de la réponse immédiate au manque de logements, ces projets montrent qu’il est possible d’imaginer un habitat temporaire plus qualitatif et respectueux de l’environnement.

L’expérience menée à La Baule illustre une tendance plus large : les territoires doivent désormais intégrer la question du logement dans leur stratégie touristique et RH.
Pendant longtemps, le recrutement saisonnier était principalement abordé sous l’angle de la recherche de candidats.
Mais aujourd’hui, attirer un saisonnier implique de réfléchir à l’ensemble de son parcours :
Le logement devient ainsi un élément central de l’expérience collaborateur.
Certaines destinations commencent d’ailleurs à développer leurs propres dispositifs : résidences saisonnières, colocations dédiées, logements modulaires, partenariats avec des bailleurs ou encore mobilisation de foncier public.
Toutes ces initiatives poursuivent le même objectif : faire du logement non plus une contrainte, mais un levier d’attractivité.
Dans un contexte où les professionnels du tourisme font face à des tensions de recrutement importantes, les solutions innovantes comme celles développées à La Baule ouvrent une nouvelle voie.
Un employeur capable de proposer une solution de logement ne répond pas seulement à une difficulté pratique : il envoie un message fort aux candidats.
Il montre qu’il prend en compte leurs contraintes, leur installation et leur qualité de vie.
Demain, les établissements touristiques les plus attractifs seront probablement ceux qui réussiront à proposer une véritable expérience saisonnière : un poste intéressant, une équipe accueillante… mais aussi un cadre de vie adapté.
Le logement pourrait bien devenir l’un des principaux critères de choix des saisonniers dans les années à venir.
Chez Ohmyseason, nous sommes convaincus que faciliter l’accès au logement est une des clés pour construire un emploi saisonnier plus attractif, plus durable et plus humain.